samedi 7 avril 2012
Aragon
Je ne revois plus le visage ni le corps de celle que je tenais contre moi, dans le Nord-Sud, vers St Lazare. Je sais seulement que dans cette foule compacte où les balancements du train penchaient d’un coup toute la masse oscillante des voyageurs elle se laissait faire comme privée de raisons et de sentiments. Comme si nous avions été dans un désert véritable, où même la présence d’un homme eut été pour elle si surprenante et si terrifiante que l’idée ne lui serait pas venue de bouger ou de résister un instant.
J’étais donc contre elle, par-derrière collé, et mon haleine faisait remuer légèrement les cheveux de sa nuque. Mes jambes épousaient la courbe des siennes, mes mains avaient longuement caressé ses cuisses, elle n’avait pas retiré sa main gauche quand je l’avais un instant furtivement serrée. Je sentais contre moi la douce pression de ses fesses à travers une étoffe très mince et glissante, dont les plis occasionnels même m’intéressaient.
Je maintenais avec mes genoux un contact étroit. Je les fléchissait un peu, afin que ma queue bridée par le pantalon trouvât, pendant qu’elle grandissait encore, un lit entre ses fesses que la peur contractait, un lit vertical où les secousses du train suffisaient à me branler.
Je voyais mal le visage de cette femme, par côté. Je n’y lisais que la peur. Mais quelle peur? Du scandale, ou de ce qui allait arriver? Elle mordait sa lèvre inférieure.
Soudain, j’eus un désir irrépressible de contrôle. Je voulus connaître la pensée de cette femme, je glissais ma main droite entre ses cuisses. Merveille du poil deviné sous l’étoffe,
étonnement du cul pressé. Cette femme était donc en pierre? Je ne connais rien d’aussi beau, rien qui me donne le sentiment à un pareil point, que la vulve quand on l’atteint par derrière. Mes doigts ne pouvaient s’y méprendre. Je sentais les lèvres gonflées, et soudain la femme
comme pour se raffermir sur ses pieds écarta les cuisses. Je sentis les lèvres céder, s’ouvrir.
Elle mouillait tant que cela traversait la robe. Les fesses trois ou quatre fois montèrent et descendirent le long de ma pine. Je pensais tout à coup au gens alentour. Personne, non personne dans cette presse ne prêtait attention à nous. Visage gris et ennuyés. Posture d’attente.
Mes yeux tombèrent dans des yeux qui regardaient, qui nous regardaient. Ils allaient d’elle à moi, ces yeux battus par la vie, ces yeux soulignés plus encore par la fatigue des longs jours que par le fard, ces yeux pleins d’histoires inconnues, ces yeux qui aimaient encore pour un peu de temps l’amour. C’étaient les yeux d’une femme assise assez loin, et séparée de nous par un peuple aveugle, d’une femme qui de si bas ne pouvait deviner le manège, ne pouvait que voir nos têtes ballottées par la marche du train et l’incontrôlable du plaisir prochain. Ils ne nous lâchaient pas, ces yeux, et j’éprouvais soudain une sorte de nécessité de leur répondre. C’étaient des yeux immenses, tristes, et comme sans repos. Savent-ils? Ils battaient un peu pour me répondre. Ils se tournaient vers ma voisine que je sentais profondément frémir. Ils n’interrogeaient pas. Ils savaient sans doute. Les mouvements de la femme devinrent plus rapides, avec ce caractère étrangement limité que donne la crainte de se trahir. Je vis brusquement se dilater les prunelles qui me fixaient, comme si un gouffre
s’était ouvert sous la banquette. Les yeux venaient de saisir sur la face de la femme que je serrais le premier spasme de la jouissance.
Je ne sus qu’après eux ce qui venait de se produire, et c’est en même temps que la femme assise que je partis, et je me demande quel air dut être le mien alors, quand celle-ci cacha brusquement dans ses mains ses yeux déchirés de jouir.
Un temps infini s’écoula jusqu’à la station suivante comme un grand silence immobile et je ne pensais plus à rien. Entrée en gare, les lumières extérieures, la courbe du quai, les reflets sur les briques blanches, un remous violent à l’ouverture des portes jeta dehors la femme dont je n’avais pas vu les yeux; tandis que l’assaut des nouveaux voyageurs étendait un voile entre moi et les yeux que je ne voyais plus.
Je restais seul, sans connaître le vrai de cette histoire sans intrigue, où tout est pour moi dramatique comme la fuite inquiétante de l’été.
dimanche 1 avril 2012
On a niqué...et tu as paniqué?
On aurait pu juste se dire que c'était bon, que ça avait été bon, que ce fut bon.
On aurait pu ne pas faire comme s'il ne s'était rien passé.
On n'était pas obligé de faire comme au ciné club d'avant et discuter plan par plan de ce 5 à 7 (qui a été d'ailleurs plutôt un 6 à 9). Mais de là à ne rien en dire...
On aurait pu s'écrire, qu'on ne regrettait rien et moi j'aurais dit: oh oui bordel ce que ça a été bon!
On aurait pu décider que dans notre bulle c'était pas la vraie vie et que donc on y faisait ce qu'on voulait quand on le pouvait.
J'aurais pu te dire: "tu bandes toujours pour moi et j'en suis heureuse" et puis aussi: "si tu en as à nouveau envie ne te prive pas"
mardi 27 mars 2012
samedi 24 mars 2012
Chère petit pot de mousse
Google stats me dit qu'on est venu de chez toi lire mes conneries, alors j'ai été lire chez toi. Tu écris bien, s'il te lisait tu lui plairais c'est sur.
Quand j'ai lu que ton emploi du temps ne collait pas avec celui de l'empereur romain (Marc Antoine?), j'ai pensé que je pourrai te la garder ta Mademoiselle A. le temps de galipetter. Je suis vieille et délibidinisée (enfin pas tout à fait, faudrait que je te raconte) alors autant que ça profite aux belles jeunes femmes (t'es belle j'en suis sûre) et puis tu vois moi le pliage des bodys ben j'en ai une certaine nostalgie.
J'ai pleuré tous les soirs cette semaine, mais c'était pas pareil, j'aimerai bien lui expliquer pourquoi mais là depuis lundi on se tourne autour du pot lui et moi. Je crois qu'on joue au jeu le premierquienparleàperdu.
Les nuits n'ont pas été meilleures, je douille toujours autant. Mais il y avait un truc dans l'air, un goût dans ma bouche, la douleur qui pour une fois n'avait aussi rien à voir avec ce qui se passe dans l'hémisphère gauche de mon cerveau...un truc qui m'a fait mettre des robes décolletées et des pompes à talons (c'était les jo paralympiques dans ma banlieue cette semaine, une cramée du cerveau sur talons c'est sportif). Même les suédois je leur en ai foutu plein la vue vendredi!
Je t'embrasse copine, c'est samedi soir tu dois être avec l'homme qui sent bon, moi je pense un peu trop à celui qui me sent bien.
Quand j'ai lu que ton emploi du temps ne collait pas avec celui de l'empereur romain (Marc Antoine?), j'ai pensé que je pourrai te la garder ta Mademoiselle A. le temps de galipetter. Je suis vieille et délibidinisée (enfin pas tout à fait, faudrait que je te raconte) alors autant que ça profite aux belles jeunes femmes (t'es belle j'en suis sûre) et puis tu vois moi le pliage des bodys ben j'en ai une certaine nostalgie.
J'ai pleuré tous les soirs cette semaine, mais c'était pas pareil, j'aimerai bien lui expliquer pourquoi mais là depuis lundi on se tourne autour du pot lui et moi. Je crois qu'on joue au jeu le premierquienparleàperdu.
Les nuits n'ont pas été meilleures, je douille toujours autant. Mais il y avait un truc dans l'air, un goût dans ma bouche, la douleur qui pour une fois n'avait aussi rien à voir avec ce qui se passe dans l'hémisphère gauche de mon cerveau...un truc qui m'a fait mettre des robes décolletées et des pompes à talons (c'était les jo paralympiques dans ma banlieue cette semaine, une cramée du cerveau sur talons c'est sportif). Même les suédois je leur en ai foutu plein la vue vendredi!
Je t'embrasse copine, c'est samedi soir tu dois être avec l'homme qui sent bon, moi je pense un peu trop à celui qui me sent bien.
mercredi 21 mars 2012
lundi 12 mars 2012
"Malgré toooooooooout c'qui nous sépare"
Mais qu'est ce qui nous sépare A...-.....?
Le fait que de toute évidence nous ne croiserons pas les doigts pour la même personne le 6 Mai?
Que tu aies deux parents juifs et moi un père musulman "intégral"?
Que tu vives à Paris et moi en banlieue?
Que tu sois blonde et moi brune?
Que je danse mieux "pop-corn" que toi?
Que tu sembles aimer Lelouch et que moi il m'insupporte?
Qu'il y ait sur ta liste d'amis au moins trois de mes anciens amants (ta liste d'amis est longue et je ne l'ai pas encore lue en entier) et que sur la mienne à mon avis il n'y en a aucun des tiens, à moins que...ohlala il y en aurait un ou deux qui ne m'aurait donc pas tout dit?
Que j'aime "plus belle la vie" et que toi tu ne l'ais jamais vu?
Que si nous parlons d'Israël (tu as vu je ne dis pas Palestine comme la plupart de mes cousins) nous risquons de ne pas être d'accord sur le début mais très certainement que nous voulons la même fin, la paix pour tous.
Que tu n'aies pas couché avec E... ....l et moi si (oui à toi aussi il y en a qui ne dise pas tout)!
Que chez moi la fin du mois commence le 10 et que chez toi surement c'est une expression inconnue?
Que tu peux courir pour attraper le bus, mais prends tu le bus?
J'ai toujours pensé, enfin depuis 1984 année où j'ai lu "Solal" et découver Albert que le monde se divisait entre ceux qui avait lu Albert Cohen et les autres. Nous sommes donc toutes les deux de cette même partie du monde.
Tu seras un tas d'os au fond d'un trou en Israël surement et moi de la poussière dans le golfe de Nabeul, un jour, pas si lointain. Y'a pas grand chose qui nous sépare.
Nb: J'ai fini ta liste de 785 amis, 4 pas 3!
.
Le fait que de toute évidence nous ne croiserons pas les doigts pour la même personne le 6 Mai?
Que tu aies deux parents juifs et moi un père musulman "intégral"?
Que tu vives à Paris et moi en banlieue?
Que tu sois blonde et moi brune?
Que je danse mieux "pop-corn" que toi?
Que tu sembles aimer Lelouch et que moi il m'insupporte?
Qu'il y ait sur ta liste d'amis au moins trois de mes anciens amants (ta liste d'amis est longue et je ne l'ai pas encore lue en entier) et que sur la mienne à mon avis il n'y en a aucun des tiens, à moins que...ohlala il y en aurait un ou deux qui ne m'aurait donc pas tout dit?
Que j'aime "plus belle la vie" et que toi tu ne l'ais jamais vu?
Que si nous parlons d'Israël (tu as vu je ne dis pas Palestine comme la plupart de mes cousins) nous risquons de ne pas être d'accord sur le début mais très certainement que nous voulons la même fin, la paix pour tous.
Que tu n'aies pas couché avec E... ....l et moi si (oui à toi aussi il y en a qui ne dise pas tout)!
Que chez moi la fin du mois commence le 10 et que chez toi surement c'est une expression inconnue?
Que tu peux courir pour attraper le bus, mais prends tu le bus?
J'ai toujours pensé, enfin depuis 1984 année où j'ai lu "Solal" et découver Albert que le monde se divisait entre ceux qui avait lu Albert Cohen et les autres. Nous sommes donc toutes les deux de cette même partie du monde.
Tu seras un tas d'os au fond d'un trou en Israël surement et moi de la poussière dans le golfe de Nabeul, un jour, pas si lointain. Y'a pas grand chose qui nous sépare.
Nb: J'ai fini ta liste de 785 amis, 4 pas 3!
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